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Paris

In the Suite avec Agathe Bokanowski

Si vous avez séjourné dans La Suite du Collectionneur au Le Grand Hôtel Cayré, vous l’aurez remarqué immédiatement : des œuvres d’art sur mesure côtoient des antiquités et des pièces uniques. À mi-chemin entre galerie et chambre d’hôtel, et oui, si quelque chose attire votre regard, il est probablement à vendre. Le tout réuni par le célèbre commissaire d’art et de design Gilbert Kann.

Si vous n’avez pas encore eu le plaisir de découvrir La Suite du Collectionneur, ou si vous l’avez visitée en vous demandant qui se cache derrière les œuvres, vous êtes au bon endroit. Dans la Suite, nous rencontrons directement les artistes. Ils nous parlent de leur processus, de leurs influences et de ce qui se cache derrière les œuvres que vous découvrez ici.

Notre première rencontre : Agathe Bokanowski, peintre et illustratrice.

Que cherches-tu à capturer dans tes œuvres ?
Mon travail est contemplatif et familier.
Je peins des lieux, des paysages contemporains. Je peins les endroits que j’ai habités, ceux qui m’ont construite parfois. Ce sont des fragments de vie, en quelque sorte. Un mélange de photos de vacances, de rêves, et de publicités des années 80-90.

Il y a une forte présence de la mémoire dans ton travail…
Oui, totalement. Il y a souvent des jardins, comme celui où j’ai passé presque toutes mes vacances, enfant… ou des forêts, qui réapparaissent. C’est une sorte d’héritage familial, quelque chose de vivant, qui continue d’évoluer. Rien ne disparaît vraiment, ça change simplement de forme.

Tu as toujours dessiné et peint, mais tu es aussi passée par la vidéo. Pourquoi ce retour aux pratiques traditionnelles ?
Oui, j’ai exploré la vidéo pendant mes études. Mais très vite, le numérique m’a semblé être un support distant, trop lisse, trop froid. J’ai besoin d’un support plus tactile, et il me manquait quelque chose d’essentiel : la matière. Ce besoin de toucher et de « faire » m’a ramenée vers le geste : le fusain qui noircit le papier, l’eau qui porte le pigment de l’aquarelle.

Ton atelier semble baigné d’une lumière très particulière. Comment décrirais-tu cet espace ?
Une serre très lumineuse où cohabitent plus ou moins harmonieusement différentes espèces de plantes et d’animaux. Même quand Paris est gris, ici la lumière reste nette, en suspension. C’est un lieu qui respire.

De l’atelier à la suite… Quelles œuvres exposes-tu chez nous ?
J’expose plusieurs séries d’œuvres, essentiellement des paysages : une série de petits dessins colorés, réalisés à l’encre et à l’aquarelle, et des tableaux plus grands, avec du fusain, dans lesquels on peut s’évader.

Petra : il s’agit d’un paysage de plage grecque. Les couleurs de l’aquarelle évoquent les lumières méditerranéennes.
Cette plage est sur l’île de Patmos, qui est un site particulier : c’est sur cette île que Saint Jean aurait rédigé l’Apocalypse. La plage en question s’appelle « Petra » parce qu’une énorme roche y trône, qui comporte des cavités : un ermite y aurait séjourné…

Bref c’est un lieu chargé en histoires et en traditions, mais ces plages et ces sites connaissent un afflux de touristes impressionnant pendant l’été, venus du monde entier, pour y séjourner dans des hôtels, des maisons, ou des bateaux de luxe. Toutes ces lectures des lieux cohabitent. Je suis souvent impressionnée par ces paysages qui conservent un caractère historique, voire antique, et qui connaissent aussi ce qu’il y a de plus développé dans nos sociétés contemporaines. Ces lieux restent fascinants, immuables, impassibles, intouchables. Leur permanence, leur résilience à travers le temps me paraissent absolument extraordinaires.

Chemin creux : ce dessin a été montré à la Fondation Boghossian, à Bruxelles, en 2023, à la suite d’une résidence artistique. La fondation est en bordure du bois de La Cambre, et j’ai voulu travailler à partir de la plus ancienne tradition bruxelloise : le Meyboom, une version belge de « l’Arbre de Mai » (tradition qui se retrouve partout en Europe, et au-delà).

Il s’agit de prélever un arbre chaque année à la même date, pour le replanter en ville : j’avais installé des grands dessins de forêts dans l’atelier de la résidence, pour ouvrir l’espace, et « prolonger » la Fondation jusqu’aux bois qui la jouxtent.

Dans ce dessin, on est immergé dans un univers végétal : l’humain y est presque englouti, mais c’est un espace où l’on est protégé, il est accueillant. Il a servi de lien pendant des siècle pour relier des villages. L’histoire des chemins creux est très symbolique de l’évolution du paysages français. Les haies bocagères sont un sujet extrêmement délicat encore aujourd’hui.

Tes œuvres oscillent entre lumière et atmosphères plus sombres. Comment abordes-tu cette dualité ?
C’est vrai qu’il y a des contrastes : des étés très lumineux, et puis des forêts plus denses, des paysages de nuit. Mais je ne cherche pas spécialement la noirceur, c’est surtout la lumière qui m’intéresse.
Les ombres font partie du paysage, comme le reste. Il y a une forme de sérénité là-dedans, une confiance dans le fait que la nature est là, stable, solide, immuable.

Finalement, que raconte ton travail ?
Je dirais que c’est une manière de suivre un fil.
Ce qui m’intéresse, c’est ce qui persiste : le temps, la mémoire, les cycles. C’est un art qui célèbre ce qui survit à tout : à l’humain, aux hivers, à nos récits.

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